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Comment fonctionne le système nerveux et pourquoi l’anxiété et la dépression ne sont pas le problème ?

Introduction

Le système nerveux est un sujet central car nous sommes gouvernés chaque jour par son fonctionnement, qui agit de manière automatique, inconsciente, et est directement lié à nos états émotionnels, à l’anxiété, au stress et à la dépression.

C’est un sujet très tendance aujourd’hui, et tout le monde y va de sa solution miracle pour « réguler son système nerveux ». Et pourtant, c’est un sujet complexe, profond, et réguler un système nerveux dérégulé n’est pas l’affaire d’une ou deux pratiques. C’est un travail de longue haleine, qui demande engagement et investissement.

Et pourtant, c’est un merveilleux chemin si l’on décide de l’emprunter, car il mène à une véritable et profonde libération de nos traumas : se dépouiller de nos blessures pour embrasser pleinement qui l’on est, notre être véritable, et aller dans la direction qui nous anime.

J’ai eu envie d’aborder ce sujet car, dans beaucoup de cas, lorsqu’on traverse des phases d’anxiété depuis longtemps ou des épisodes dépressifs, c’est l’état du système nerveux qui est en cause, et la guérison passe aussi par lui, pour se sentir enfin soi.
C’est encore assez méconnu, et les études sur le système nerveux sont relativement récentes. Il y a une vingtaine d’années, avec comme figures de référence Gabor Maté et Stephen Porges, pionniers dans l’approche du système nerveux.

Alors si tu veux comprendre comment fonctionne ton système nerveux, pourquoi tu vis de l’anxiété, du stress, de la déprime, et comment retrouver un état de confiance et de sérénité, je t’invite à écouter l’épisode jusqu’au bout.

Je partagerai aussi une pratique très efficace.


Avant de comprendre comment guérir des traumas, il faut d’abord comprendre comment il fonctionne

Il dirige nos fonctions physiologiques, biologiques, tout notre fonctionnement interne, nos organes, sans que nous ayons une action consciente sur lui.

Le système nerveux a trois grandes branches.

  • L’état ventral : c’est l’état de sécurité de base, qui nous permet de développer un sentiment de confiance, de motivation, d’apaisement et de tranquillité. C’est à partir de cet état que l’on peut aborder avec confiance nos actions et nos relations.
  • Le système vagal dorsal, qui est mobilisé pour le repos, la récupération et la régénération. Lorsque nos ressources s’épuisent trop, on peut plonger dans un état dorsal profond, qui ressemble à un état de déprime, avec des pensées négatives en boucle et très peu d’énergie.
  • La branche sympathique, responsable de l’activité, du mouvement et du passage à l’action. C’est elle qui nous donne l’énergie nécessaire pour nous mobiliser et agir.

Normalement, nous sommes faits pour passer naturellement d’un état à un autre, de manière automatique.
Par exemple, on peut être plongé dans une action qui demande des efforts intellectuels ou physiques, puis, en fin de journée, lorsque l’on décide de se poser, le cerveau continue de fonctionner à mille à l’heure, les pensées tournent en boucle. Cela peut être un signe que le système nerveux a des difficultés à se réguler seul, à basculer vers un état de détente et de récupération du corps.

Quand le système nerveux est dérégulé, on reste bloqué dans un état et on peine à revenir à l’état de base, qui est l’état ventral, de sécurité et de confiance.

Ton système nerveux est fait pour passer naturellement entre :

  • activation (agir, réagir),
  • repos / sécurité (se détendre, se relier).

Il est dérégulé quand :

  • il reste coincé trop longtemps en alerte,
  • ou trop longtemps en repli,
  • sans revenir facilement à l’état de sécurité.

Lorsque notre système nerveux est dérégulé, on passe très peu par l’état ventral, donc par l’état de sécurité. Soit on est constamment dans le système sympathique, dans l’action et le mouvement frénétique, soit dans le dorsal : plus d’énergie, vidé, démotivé, parfois déprimé, abattu, selon la profondeur de l’état dorsal.

La problématique n’est pas de passer d’un état à un autre, ni d’expérimenter ces différents états. Le véritable problème est le manque de flexibilité du système nerveux, car il a du mal à se réguler et à passer d’un état à un autre selon les circonstances et le contexte.

Quand on a un système nerveux dérégulé, on vit littéralement en mode survie. Toutes nos actions, nos comportements et nos attitudes sont conditionnés pour nous maintenir en vie et assurer notre protection. On est gouverné par nos peurs et nos insécurités, comme si notre corps se préparait en permanence à faire face à un danger ou à une menace, en mettant en place des stratégies de survie.

Réguler son système nerveux, c’est donc sortir du mode survie pour enfin vivre pleinement, en étant soi, en déployant ses capacités, en allant vers ses projets de cœur et en réalisant ses rêves.

La promesse est belle, mais elle est tout aussi exigeante : c’est un chemin. Ce n’est pas l’affaire d’une seule pratique, ni quelque chose de miraculeux. Ton système nerveux a mis des années à se façonner ainsi ; sa régulation et sa rééducation prennent naturellement du temps.


Pourquoi l’anxiété, le stress et la dépression sont symptomatiques d’un système nerveux dérégulé, et non le problème en soi

Comme je l’ai dit, lorsqu’on a un système nerveux dérégulé, on est plongé dans un mode de fonctionnement de survie, où l’on est en permanence attentif aux dangers et aux menaces de l’environnement, même lorsqu’il n’y a pas de danger réel. On est alors dans la réactivité constante, la réponse aux menaces perçues.

Le système nerveux est tellement réactif qu’il est en permanence sur le qui-vive.

Les conséquences sont multiples : cela crée un état d’épuisement chronique, des pics d’énergie intenses lorsqu’on est en mode sympathique, suivis de crashes énergétiques lorsqu’on bascule dans le dorsal. On vit alors dans un effet yo-yo permanent, sans revenir à un état de régulation, de sécurité, d’apaisement et de confiance.

Dans ces phases de manque d’énergie, on n’a ni l’envie, ni la motivation, ni le goût de faire quoi que ce soit.


Dans nos sociétés, la majorité d’entre nous a un système nerveux dérégulé : comment se dérègle-t-il ?

Les traumas

Nos modes de vie, où la performance et l’activité frénétique sont au centre et valorisées, ne facilitent pas la régulation du système nerveux ; au contraire, ils l’aggravent.

Dans une société où tout va trop vite, où le rythme est intense et effréné, le système nerveux tente de s’adapter à un contexte qui n’est pas naturel et qui est nocif pour la santé.

À cela s’ajoutent les écrans, la déconnexion du lien social, l’isolement, le manque de contact avec la nature. Tout cela contribue à la dérégulation du système nerveux. Il devient alors de notre responsabilité individuelle d’en prendre soin et de l’accompagner pour éviter qu’il ne tombe dans une spirale de dérégulation.

Tout ce qui a été vécu comme trop, trop vite, trop tôt, ou comme un manque, peut faire basculer le système nerveux en mode survie.


C’est dans l’enfance que se forgent nos traumas

Nous avons besoin d’un socle de sécurité. Lorsqu’on grandit dans un environnement familial dysfonctionnel ou chaotique, avec de la violence verbale ou physique, de la négligence émotionnelle, un manque de présence, d’attention ou d’amour, le système nerveux de l’enfant se dérègle.

« J’ai été responsabilisé trop tôt dans ma vie, j’ai dû m’occuper de mon frère ou de ma sœur alors que j’étais encore enfant, parfois même de ma mère qui était dépressive. »

« J’ai été confronté aux disputes incessantes de mes parents, je vivais dans un climat familial conflictuel. »

« J’avais l’impression de marcher sur des œufs en permanence avec mes parents. Mon père était à deux doigts de se mettre en colère, je devais toujours faire attention à mes paroles et à mes comportements. J’étais constamment en hypervigilance. »

« J’ai reçu trop peu d’amour, de présence, d’affection et d’attention de la part de mes parents. J’étais souvent seul, ou alors, même quand j’étais avec eux, je sentais qu’ils n’étaient pas vraiment présents. »

Ce que l’enfant comprend alors, c’est qu’il n’est pas digne de recevoir de l’amour. Et comme sa survie dépend de ses parents, il va intégrer que le problème vient de lui et s’adapter aux comportements parentaux.
La seule option devient alors d’absorber cela sous forme de trauma : ce qui a été vécu comme trop pour son système nerveux.


Comment se forgent les traumas en nous

Le trauma n’est pas ce qui t’est arrivé, mais ce qui s’est passé en toi lorsque tu as dû t’adapter pour survivre.

Un trauma survient quand :

  • un enfant (ou un adulte) vit trop de stress,
  • sans soutien suffisant,
  • sans possibilité de s’exprimer ou d’être accueilli.

« Pour rester en lien / en sécurité, je dois me couper d’une partie de moi. »

« Le trauma n’est pas ce qui nous arrive,
c’est ce qui se passe en nous lorsque nous n’avons pas le soutien nécessaire. »

Quand l’amour, le regard de l’autre ou la séparation ont été sources d’insécurité, cela peut engendrer :

  • anxiété chronique,
  • besoin d’être aimé·e et validé·e,
  • peur de décevoir,
  • hyper-responsabilité,
  • difficulté à dire non,
  • suradaptation relationnelle.

« Les symptômes ne sont pas le problème.
Ce sont des tentatives de solution. »

J’espère que cet article t’aura éclairé sur le fonctionnement du système nerveux et t’aider à emprunter ce chemin de guérison, pas après pas.

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