pexels suzyhazelwood 2272193

Comment dépasser ses peurs ?

Comment dépasser ses peurs ?

Tu as des envies, des projets, des désirs très vivants en toi.
Tu sais, au fond, ce que tu aimerais créer, ce vers quoi tu te sens appelée… et pourtant, quelque chose te retient.

Peut-être que :

  • tu ressens de la culpabilité à ne pas passer à l’action, à procrastiner, à remettre à demain
  • ton estime de toi est fragilisée, tu ne te sens pas à la hauteur
  • tu as essayé de nombreuses techniques, sans résultat durable
  • tu commences beaucoup de choses sans aller jusqu’au bout
  • tu as mille idées, beaucoup d’élan intérieur, mais une grande difficulté à te lancer
  • tu sens que quelque chose t’appelle profondément, mais la peur te fige
  • tu n’arrives pas à apprivoiser cette peur pour qu’elle ne soit plus un frein à tes projets

Si c’est ton cas, cet article est pour toi.

L’objectif est d’abord de comprendre la peur, ce qui t’empêche d’aller là où tu souhaites aller, pourquoi certains projets n’aboutissent pas… et surtout de te partager des clés et des outils concrets pour l’apprivoiser, la comprendre et la dépasser, afin qu’elle ne soit plus un obstacle à ce que tu souhaites porter.

Je te proposerai également, en fin d’épisode, un exercice d’auto-hypnose pour aller à la rencontre de ta peur et commencer à la transformer.


Ce que tu dois comprendre sur la peur avant de vouloir la dépasser

La peur est une émotion fondamentale, universelle, innée et nécessaire.
Elle a un rôle essentiel : nous protéger d’un danger réel.
Si je traverse la rue et qu’une voiture arrive, la peur me permet de réagir et d’éviter de me mettre en danger. Comprendre ce rôle fondamental permet déjà de relativiser la peur.

Il existe différents types de peurs :

  • Les peurs rationnelles, face à un danger réel, qui appellent une protection immédiate.
  • Les peurs irrationnelles, issues de l’inconscient. Elles associent un stimulus extérieur à une menace perçue, même si celle-ci n’est pas réellement présente.

Face à une menace, réelle ou perçue, le système nerveux met en place des stratégies de survie inconscientes :

  • la fuite
  • le combat
  • le figement (freeze)

Ces peurs se construisent souvent en résonance avec nos expériences passées.
Par exemple, si lors d’une prise de parole en public tu as été humiliée ou moquée, ton système nerveux peut enregistrer que s’exposer face à un groupe est dangereux. Plus tard, dans des situations similaires, cette peur peut ressurgir et te bloquer, comme une réminiscence du passé projetée sur le présent.

Ainsi, le système nerveux met en place de nombreuses stratégies d’adaptation pour éviter la situation… mais surtout pour éviter les sensations et émotions associées.
Ce n’est donc pas tant la situation que nous fuyons, mais ce que nous pourrions ressentir.

Les réponses de survie

  • La fuite : chercher à s’échapper, à éviter la situation.
  • Le combat : une énergie d’agressivité, de défense.
  • Le figement (freeze) : une réponse très ancienne, partagée avec le monde animal.
    Face à un danger perçu comme imminent, le corps se fige, les muscles se raidissent, la physiologie ralentit. Le corps se met en mode économie d’énergie, comme pour devenir invisible.

Par exemple, si tu filmes une vidéo et que la peur te submerge, tu peux ressentir ce figement : gorge nouée, corps bloqué, incapacité à t’exprimer.

Il n’y a pas besoin de danger réel pour vivre le figement.
La procrastination, par exemple, est très souvent une réponse de figement.
Ce n’est ni un manque de volonté, ni de la paresse, mais une réponse traumatique du système nerveux.

C’est extrêmement courant lorsqu’on veut lancer un projet : le désir est là, mais une force invisible semble nous retenir, nous immobiliser.


Un cerveau archaïque dans un monde moderne

Notre cerveau n’a que très peu évolué depuis des millions d’années, alors que notre environnement s’est profondément transformé.
Nous vivons dans un monde complexe avec un cerveau archaïque, conçu à l’origine pour faire face à des dangers réels et immédiats.

Aujourd’hui, même si notre survie n’est généralement plus menacée, ces réflexes demeurent.
Ajoute à cela la surcharge d’informations, le stress, les exigences modernes : le système nerveux est souvent dérégulé.

Son objectif reste le même : assurer notre protection.

La procrastination s’explique aussi par ce mécanisme. Le cerveau cherche à :

  • minimiser l’effort
  • éviter ce qui coûte trop d’énergie
  • rester dans le familier

Tout ce qui est nouveau, inconnu, représente un danger potentiel pour lui.

➡️ Pour le cerveau : tout changement important = danger potentiel

Lorsque l’action est trop grande, trop nouvelle, trop floue, cela active l’amygdale et le système de défense :
peur, stress, paralysie, procrastination.

Beaucoup de peurs prennent racine dans l’enfance, dans des expériences de rejet, d’insécurité ou de trauma.
À chaque situation ressemblante, les mêmes stratégies de survie se réactivent.


Attention aux discours violents sur la peur

Petit disclaimer important :
Certains discours en développement personnel peuvent être violents, voire traumatisants.
Ils encouragent à “dépasser ses peurs” dans une énergie de combat contre soi-même, très dure, très yang.

Ces injonctions peuvent renforcer la honte et la culpabilité.

La peur n’est pas une ennemie.
C’est un message.
Plus elle est comprise et entendue, plus elle s’apaise naturellement.

L’idée n’est pas de lutter contre elle, mais de la considérer comme une alliée qui cherche à nous protéger.


Se désidentifier de la peur

La peur est une émotion.
Une énergie en mouvement, donc éphémère.

Pourtant, lorsqu’elle est intense, on peut s’y identifier totalement :

“Je suis peureuse.”
La peur n’est pas toi.
C’est une part de toi, une émotion qui, lorsqu’elle est accompagnée, peut se libérer.

Ce qui nourrit la peur, c’est la résistance.
Plus on cherche à la faire taire, plus elle persiste.
L’écouter ne signifie pas lui donner raison, mais l’apaiser.


Les clés essentielles pour aller au-delà de la peur

Faire renaître le désir

  • Clarifier ce que tu souhaites réellement.
  • Donner du sens : en quoi est-ce important pour moi ?
  • Poser une intention claire.
  • Te demander : si je n’avais pas peur, que ferais-je ?
  • Identifier précisément la situation ou le projet qui génère la peur.

Observe ensuite :

  • quelles stratégies apparaissent (fuite, figement, procrastination)
  • quel est ton discours interne

Derrière chaque peur se cache une croyance :

Si je fais ça, alors… il va se passer quelque chose de négatif.

Au fond, ce que nous cherchons à éviter, ce n’est pas la situation, mais l’émotion associée.


Découper l’objectif : la théorie des petits pas (Kaizen)

Plutôt que de viser le résultat final, découpe l’objectif en micro-étapes.

La méthode Kaizen repose sur une idée simple :
➡️ de minuscules actions régulières créent de grandes transformations.

Ces micro-actions contournent le système d’alarme du cerveau.

Exemples :

  • respirer 1 minute plutôt que méditer 20
  • écrire une phrase plutôt qu’un chapitre
  • faire un tout petit pas aujourd’hui

La peur se nourrit du futur.
Le Kaizen ramène au présent :

Quelle est la plus petite action possible maintenant ?


Dialoguer avec sa peur

La peur peut être écoutée.

  • Ressens-la dans ton corps.
  • Observe où elle se manifeste.
  • Accueille-la.
  • Puis dialogue avec elle :
    De quoi cherches-tu à me protéger ?

Réguler le système nerveux

Quelques pistes simples :

  • petits mouvements de balancier droite/gauche (2 à 3 minutes)
  • danse libre pour remettre le corps en mouvement
  • travail thérapeutique sur les traumas
  • compréhension de l’auto-sabotage comme mécanisme de protection

La peur s’apaise avec l’expérience

Il est normal d’avoir peur lorsqu’on débute quelque chose de nouveau.
Mais attendre que la peur disparaisse pour agir est illusoire.

C’est l’expérience qui apaise la peur.

Comme apprendre à faire du vélo :
au début, il y a la peur… puis elle disparaît avec la pratique.

J’espère que cet épisode aura pu t’aider et t’apporter des clés concrètes pour dépasser tes peurs !

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *